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29 décembre 2015 2 29 /12 /décembre /2015 07:52

 

Lyon 

est une commune située au confluent du Rhône et de la Saône. C'est le chef-lieu de la métropole de Lyon, région Rhône-Alpes, et le siège du département du Rhône.

Ancienne capitale des Gaules au sein de l'Empire romain, Lyon est le siège d'un archevêché dont le titulaire porte le titre de primat des Gaules.

 

De gueules au lion rampant, lampassé d'argent au chef d'azur chargé de trois fleurs de lys d'or

Le cri de guerre de la ville de Lyon (en francoprovençal) attesté depuis 1273 est : 

Avant, Avant, Lion le melhor. 

Le musée des beaux-arts de Lyon

est un musée municipal fondé en 1801. Il est situé sur la place des Terreaux dans une ancienne abbaye de bénédictines, l'abbaye des Dames de Saint-Pierre, édifice classé monument historique et plus connu sous le nom de palais Saint-Pierre.

Gilliatt et la pieuvre

Cour du musée des Beaux-Arts de Lyon

 

Gilliatt  est un pêcheur de Guernesey.

Certains disent que c'est le fils du diable, d'autres qu'il a le pouvoir de guérir les gens : Les filles le trouvaient laid. Il n'était pas laid. Il était beau peut-être. Il avait dans le profil quelque chose d'un barbare antique. Au repos, il ressemblait à un dace de la colonne Trajane. Son oreille était petite, délicate, sans lambeau, et d'une admirable forme acoustique. Il avait entre les deux yeux cette fière ride verticale de l'homme hardi et persévérant. Les deux coins de sa bouche tombaient, ce qui est amer ; son front était d'une courbe noble et sereine, sa prunelle franche regardait bien, quoique troublée par le clignement que donne aux pêcheurs le réverbération des vagues. Son rire était puéril et charmant. Pas de plus pur ivoire que ses dents. Mais le hâle l'avait fait presque nègre. On ne se mêle pas impunément à l'océan, à la tempête et à la nuit ; à trente ans, il en paraissait quarante-cinq. Il avait le sombre masque du vent et de la mer. On l'avait surnommé Gilliatt le Malin ...

Les Travailleurs de la mer, roman de Victor Hugo (né le à Besançon et mort le à Paris) écrit à Hauteville House durant l'exil du poète dans l'île anglo-normande de Guernesey et publié en 1866.

Gilliatt et la pieuvre, statue par Joseph Carlier
Gilliatt et la pieuvre, statue par Joseph Carlier
Gilliatt et la pieuvre, statue par Joseph Carlier

Emile Nestor Joseph Carlier,

dit Joseph Carlier,

né à Cambrai le et mort à Paris le ,

est un sculpteur français.

Sa biographie >>> Joseph Carlier

Plus près encore que cet enfoncement, il remarqua, au-dessus du niveau de l’eau, à portée de sa main, une fissure horizontale dans le granit. Le crabe était probablement là. Il y plongea le poing le plus avant qu'il put, et se mit à tâtonner dans ce trou de ténèbres.
Tout à coup il se sentit saisir le bras.
Ce qu'il éprouva en ce moment, c’est l’horreur indescriptible.
Quelque chose qui était mince, âpre, plat, glacé, gluant et vivant venait de se tordre dans l’ombre autour de son bras nu. Cela lui montait vers la poitrine. C’était la pression d’une courroie et la poussée d’une vrille. En moins d’une seconde, on ne sait quelle spirale lui avait envahi le poignet et le coude et touchait l’épaule. La pointe fouillait sous son aisselle.
Gilliatt se rejeta en arrière, mais put à peine remuer. Il était comme cloué. De sa main gauche restée libre il prit son couteau qu'il avait entre les dents, et de cette main, tenant le couteau, s’arc-bouta au rocher, avec un effort désespéré pour retirer son bras. Il ne réussit qu'à inquiéter un peu la ligature, qui se resserra. Elle était souple comme le cuir, solide comme l’acier, froide comme la nuit.
Une deuxième lanière, étroite et aiguë, sortit de la crevasse du roc. C’était comme une langue hors d’une gueule. Elle lécha épouvantablement le torse nu de Gilliatt, et tout à coup s’allongeant, démesurée et fine, elle s’appliqua sur sa peau et lui entoura tout le corps. En même temps une souffrance inouïe, comparable à rien, soulevait les muscles crispés de Gilliatt. Il sentait dans sa peau des enfoncements ronds, horribles. Il lui semblait que d’innombrables lèvres, collées à sa chair, cherchaient à lui boire le sang.
Une troisième lanière ondoya hors du rocher, tâta Gilliatt, et lui fouetta les côtes comme une corde. Elle s’y fixa.
L’angoisse, à son paroxysme, est muette. Gilliatt ne jetait pas un cri. Il y avait assez de jour pour qu'il pût voir les repoussantes formes appliquées sur lui. Une quatrième ligature, celle-ci rapide comme une flèche, lui sauta autour du ventre et s’y enroula.
Impossible de couper ni d’arracher ces courroies visqueuses qui adhéraient étroitement au corps de Gilliatt et par quantité de points. Chacun de ces points était un foyer d’affreuse et bizarre douleur. C’était ce qu'on éprouverait si l’on se sentait avalé à la fois par une foule de bouches trop petites.
Un cinquième allongement jaillit du trou. Il se superposa aux autres et vint se replier sur le diaphragme de Gilliatt. La compression s’ajoutait à l’anxiété ; Gilliatt pouvait à peine respirer.
Ces lanières, pointues à leur extrémité, allaient s’élargissant comme des lames d’épée vers la poignée. Toutes les cinq appartenaient évidemment au même centre. Elles marchaient et rampaient sur Gilliatt. Il sentait se déplacer ces pressions obscures qui lui semblaient être des bouches.
Brusquement une large viscosité ronde et plate sortit de dessous la crevasse. C’était le centre ; les cinq lanières s’y rattachaient comme des rayons à un moyeu ; on distinguait au côté opposé de ce disque immonde le commencement de trois autres tentacules, restés sous l’enfoncement du rocher. Au milieu de cette viscosité il y avait deux yeux qui regardaient.
Ces yeux voyaient Gilliatt.
Gilliatt reconnut la pieuvre.

Victor Hugo, Les Travailleurs de la mer, 1866, 2e partie, IV, I

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Published by cbx41 - dans Balade à Lyon
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Josiane 29/12/2015 11:26

Brrrrrr un texte connu qui me fait toujours frémir d'horreur....
Bonne journée