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 Violette Lecoq

(ou Rougier-Lecoq),
née en 1912 dans l'Indre et décédée le 28 septembre 2003 à Paris est une résistante.

Infirmière en 1939, elle s'engage dans la Croix Rouge et accompagne l'armée française dans sa déroute. Elle est arrêtée à Angoulême en juin 1940. Libérée en juillet à Paris, elle part pour Compiègne, où elle crée un hôpital militaire. Elle profite de sa position pour organiser l'évasion de prisonniers, leur fournissant tenues civiles et itinéraires.

Fin 1940, elle rejoint Paris et intègre le réseau de renseignement "Gloria". Le réseau est infiltré et elle est arrêtée par la Gestapo en août 1942.

Internée un mois à la Prison de la Santé, onze mois à Fresnes puis trois semaines au Fort de Romainville, elle est dirigée en octobre 1943 sur le camp de Ravensbrück dans un petit convoi de 42 Françaises qualifiées de NN (*). Dix jours après leur arrivée, huit sont déjà mortes.

En septembre 1944, elle est affectée comme infirmière au block 10 qui regroupe les cas de tuberculose et de psychose.

Dérobant de quoi dessiner elle témoigne de la réalité quotidienne de ce camp de concentration. Au block 32, qui regroupe les détenues NN, elle côtoie cette autre artiste de Ravensbrück, la néerlandaise Aat Breur-Hibma, peintre et dessinatrice, née en 1913 à La Haye, décédée le 31 décembre 2002 à Amsterdam. Malgré son statut Nacht und Nebel elle a réalisé des dessins au crayon sur la vie dans le camp. Ces dessins sont conservés au Rijksprentenkabinet du Rijksmuseum à Amsterdam.

Le 22 avril 1945 Violette Lecoq est délivrée par la Croix Rouge suédoise.

En 1948, elle réunit tous ses croquis dans un album "Ravensbrück 36 dessins à la plume".

La violente sincérité de son trait, qui transcende toute appréciation esthétique, donne à ces croquis une force définitive.

Les Alliés ne s'y sont pas trompés qui, au Procès de Hambourg, ont considéré ses dessins comme des documents de premier ordre, témoignages accablants de l'horreur des camps.

En 1952 elle épouse Paul Rougier, ingénieur, lequel décèdera en 1973. A partir de ce moment-là, elle s’emploiera, par des conférences dans des établissements scolaires parisiens, à communiquer aux nouvelles générations le sens des valeurs qui firent la grandeur de son combat.

 

(*) Françaises qualifiées de NN

L'ordonnance personnelle d'Hitler qui attribua cette appellation de Nacht und Nebel, c'est-à-dire Nuit et Brouillard, aux membres de certaines organisations de résistance prescrivait ainsi, de façon imagée, la nature des traitements qu'il y avait lieu d'infliger à cette catégorie de détenus. Ils devaient disparaître comme s'ils s'étaient évanouis dans la nuit et le brouillard.

 (né en 1913 à La Haye, décédée le 31 décembre 2002 à Amsterdam), est une
Six dessins de Violette Rougier-Lecoq au camp de Ravensbrück

 

Ravensbrück

est un village d'Allemagne situé à 80 km au nord de Berlin. De 1934 à 1945 le régime nazi y établit un camp de concentration spécialement réservé aux femmes et aux enfants.
Le camp fut construit sur les bords du lac de Schwedtsee, en face de la ville de
Fürstenberg, dans une zone de dunes et de marécages du nord du Brandebourg.
Succédant en
1939 au camp de Lichtenburg, il devint rapidement le centre de détention de femmes le plus important du pays : au moins 132 000 femmes et enfants y furent déportés, dont 90 000 furent exterminés.

 

Tag(s) : #Musée de l'Ordre de la Libération